Les histoires des amoureux du canal

LA PETITE HISTOIRE DE JEAN MICHEL ITTEL

LA COMPLEXITE DE l'ABATTAGE

Un arbre malade sèche et meurt en 6 mois à 3 ans. Il est nécessaire de l'abattre pour protéger les passants des chutes de branches sèches. Un groupement de trois entreprises a été créé pour réaliser les abattages sur le canal du Midi (Hotlzinger, SMDA et Serpe). Michel Ittel, directeur technique du groupe Holtzinger, répond à nos questions sur le thème de l’abattage, étape complexe de ce projet de restauration des berges.

  • D’où vient la complexité de ce projet d'abattage  ?

La première contrainte est liée à la saisonnalité des abattages qui doivent obligatoirement être réalisés entre le 15 février et le 15 avril puis du 15 août au 15 novembre. Ces deux périodes ont été choisies pour minimiser l’impact de notre travail sur la période touristique, et surtout d’éviter de déranger les espèces animales vivant le long du canal du Midi notamment lors des périodes de reproduction, de nidification et d’hibernation.

Notre rôle est certes d’abattre des arbres malades, mais la sécurité des riverains et la préservation du canal du Midi sont également nos grandes priorités. Les zones où nous devons abattre des arbres peuvent être difficiles d’accès, les berges sont parfois en mauvais état. Mais la plus grande difficulté est très certainement la sécheresse car pour rappel, tous les arbres sont brûlés sur place pour éviter la propagation du chancre. En cas de risque incendie, en lien avec les SDIS et les DDTM, les chantiers doivent être mis à l’arrêt, parfois pendant plusieurs jours.

  • Comment préserver l’environnement et la biodiversité lors des abattages ?

La protection de la biodiversité passe par la qualification et la sensibilisation de notre personnel. Avant chaque campagne, l’ensemble du personnel est sensibilisé par les équipes de Voies navigables de France avec qui nous travaillons en étroite collaboration. De plus, un écologue visite chaque site d’abattages afin de détecter les cavités susceptibles d’abriter des animaux. S’il est habité, l’arbre sera abattu sans choc, permettant à l’animal de s’échapper sans être blessé. Malgré ces précautions, si un arbre abattu est occupé, les écologues sont appelés et viennent récupérer les animaux, principalement des chauves-souris, qui seront ensuite réintroduites.

  • Combien de personnes travaillent sur les chantiers d’abattage du canal du Midi ?

Le projet mobilise environ 60 personnes par session d’abattage. Ce sont principalement des bucherons, des grimpeurs/élagueurs et des conducteurs d’engins spécialisés. Nous avons à cœur d’employer des intervenants de la région ainsi que des salariés en insertion. Les équipes qui travaillent sur les chantiers d’abattages ont de nombreuses compétences techniques et des certifications professionnelles spécifiques. Nous sommes fières de notre rôle car l’abattage des arbres permet de ralentir la propagation du chancre coloré et contribue au renouveau du canal du Midi.

 

LA PETITE HISTOIRE DE NICOLAS DÜRR

 PHOTOGRAPHE, BLOGUEUR, DONATEUR POUR LE CANAL DU MIDI



Photographe, blogueur, actif sur les réseaux, vous avez à cœur de transmettre votre passion pour le canal du Midi. Quelle est votre histoire avec le canal ?

Dès 16 ans, j’ai été séduit par la richesse végétale et architecturale du canal du Midi. L’envie de le longer me travaillait depuis que mon père m‘avait parlé de son propre désir de le parcourir, ce qu’il n’a pas pris le temps de le faire. Comme il vient de disparaître, j’ai accompli notre rêve à vélo, un peu à la façon d’un hommage. Cette découverte du canal a aussi renforcé mes passions : la photographie, le dessin et l’aquarelle.

En effet, je suis d’abord photographe amateur éclairé – du moins, c’est comme cela que je me définis. Blogueur ensuite : je publie régulièrement sur plusieurs plateformes (dont un blog consacré uniquement au canal du Midi) sur des sujets tels que mes randonnées à bicyclette le long de ses 240 kmmes photographiesdessins et aquarelles diurnes et nocturnes. Sur les réseaux sociaux, je ne manque jamais de répondre aux questions de celles et ceux qui souhaitent longer le canal à vélo, ou de partager mes bons plans d’hébergement à proximité.

Aujourd’hui, je me suis fixé un nouveau challenge : longer le canal à pied, y compris les canaux de Jonction et de la Robine (que j’avais aussi longé à bicyclette). Sans oublier les sources : la rigole de la Montagne, à partir de la prise d'Alzeau, et la Rigole de la plaine depuis Revel.

Véritable passionné, vous êtes donateur au projet de replantation du canal du Midi. En parlez-vous autour de vous ?

Je le fais à chaque fois que j’en ai l’occasion, avec les lecteurs de mes publications, avec les personnes que je rencontre... Je suis heureux que le « volet » environnemental soit traité dans sa (bio)diversité, et que plus de 7 nouvelles essences d’arbres soient plantées. Je ne désespère pas non plus qu’un remède soit trouvé afin de continuer à profiter de l’ombre des platanes restants.

Il est indispensable que chacun se mobilise pour protéger ce patrimoine datant du 17e siècle, aujourd’hui menacé par le chancre coloré. Il faut que de nouveaux arbres soient plantés, afin qu’ils projettent de nouveau leur ombre majestueuse sur notre canal.

Faire un don en faveur du projet de replantation, c’est un investissement dans l’avenir. Pensons aux générations futures qui profiteront de ce patrimoine universel !

Quel est votre plus beau souvenir/belle expérience avec le canal du Midi ?

Mes plus beaux souvenirs ? Mon périple à vélo, les moments passés à peindre, seul ou en séjour artistique…

En fait, mes plus belles expériences du canal du Midi sont des moments partagés. Notamment avec l’aquarelliste toulousaine Elisabeth Penou. J’aimerais bien partager d’autres séjours en aquarelle avec Alain Marc et Christian Colin, que j’apprécie aussi.

Le canal m’a aussi permis de rencontrer Robert Mornet, créateur de l'exemplaire unique d'une réplique de barque de poste de 1818, l’embarcation la plus rapide des voyageurs sur le canal du Midi avant l’arrivée du Chemin de Fer. Je vous recommande son entretien d'une très grande qualité, par Roger Closset, vidéaste belge.

C’est après ma première randonnée à bicyclette que j’ai également pu rencontrer mon ami Jean-François Benne, créateur d'un site très bien documenté sur le canal du Midi.

Ma passion pour le canal du Midi m’a m’amené à m’intéresser à d’autres canaux, à Paris : le Canal Saint-Martin ou le Canal de l’Ourcq. De nouveaux souvenirs en perspective !

En quelques mots, que vous inspire le canal ?

Sérénité, évasion, beauté naturelle, beauté architecturale, histoire… la grande comme la petite.

En savoir plus :

http://croqueurdenature.blog.lemonde.fr/tag/le-canal-du-midi/

http://www.croqueurs-de-nature.com/croquis/Rubrique/carnets-nicolas/

http://www.canaldumidi.com/Publications/

Et un article d’Alain Marc sur "les fulgurances aquatiques de Nicolas Dürr"

 

LA PETITE HISTOIRE DE JEAN-CLAUDE DREYFUS

 ACTEUR ET AMBASSADEUR DU CANAL DU MIDI




LES PETITES HISTOIRES DE NOS AMBASSADEURS DU CANAL DU MIDI

 

 


LA PETITE HISTOIRE DE AMÉLIE SAILLAU

 ARCHITECTE PAYSAGISTE

MISSION REPLANTATION DE VOIES NAVIGABLES DE FRANCE



 

Amélie Saillau entame sa 4e campagne d’abattage / replantation / réfection des berges.

En quoi consiste votre travail à Voies navigables de France ?

Au sein de l’arrondissement patrimoine et environnement, l’équipe projet se compose de 5 personnes, se partageant montage et suivi des marchés publics, comptabilité, suivi des expertises, suivis des études et travaux, ainsi que le suivi des entretiens. Nous pilotons l’abattage des platanes atteints par le chancre coloré et la replantation de nouveaux arbres en coordination avec la réfection des berges qui sont fragilisées lors du rognage des souches de platanes. Nous commençons par les abattages, puis les berges et enfin les plantations.

Qu’est-ce qui vous motive à œuvrer sur ce projet ?

Nous travaillons avant tout pour recréer la voûte arborée et les colonnades qui sont si typiques sur le canal du Midi. Les essences d’arbres ont ainsi été choisies de manière très précise pour recréer cette image que nous avons tous du canal du Midi. Pendant les 6 mois de travaux, nous avons également le souci de limiter les nuisances, que ce soit pour les riverains, les promeneurs et les autres utilisateurs du canal. Ce qui me motive, c’est de faire en sorte que le canal reste un lieu de vie avant tout.

Quelles sont les grandes lignes de cette nouvelle campagne d’hiver 2017/2018 ? 

En plus de l’abattage d’environ 1 400 platanes qui sont touchés par la maladie, nous avons prévu de replanter 3 000 arbres, ce qui représente environ 20 km de linéaire. C’est une première, nous n’avons jamais planté autant d’arbres en un seul hiver. Huit kilomètres de berges vont préalablement être remises en état.

Une fois les arbres plantés, que se passe-t-il ?

Chaque arbre planté est tout d’abord entretenu et arrosé pendant 3 ans pour s’assurer de sa bonne reprise, et nous lui donnons toutes ses chances de bien se développer. C’est une étape primordiale et très délicate nécessitant une grande vigilance. Ensuite, les arbres continuent à bénéficier d’un entretien régulier pendant 10 ans. Nous n’utilisons aucun produit phytosanitaire, il faut donc rester très vigilant.

A la fin de la campagne de travaux, il s’agit également de remettre en l’état les sites pour rendre l’espace aux usagers le plus rapidement possible, ainsi qu’aux espèces animales vivant le long du canal du Midi.

En dehors de votre fonction, êtes-vous attachée personnellement au canal du Midi ?

Étant née dans la région, mon père m’a fait découvrir le canal du Midi par de longues balades en vélo. Depuis mon plus jeune âge, je ne manque donc jamais une sortie en vélo avec mes amis le long du canal. Récemment, nous sommes allées de Toulouse à Port-la-Nouvelle en passant par le seuil de Naurouze, qui sont des points de passage obligés du parcours d’un cycliste. Le canal du Midi a toujours fait partie intégrante de ma vie, et je suis fière de participer au programme de replantation de celui-ci mené par Voies navigables de France.

 

 

LA PETITE HISTOIRE DE MARC PENELLA

 PRÉSIDENT DE PROLINAIR ET MÉCÈNE DU PROJET DE REPLANTATION

 

 

Il paraît que vous avez un lien particulier avec le canal du Midi, notamment par votre mariage. Pourriez-vous nous raconter cette histoire ?

 En effet, le canal du Midi m’a accompagné toute ma vie, jusqu’à mon mariage ! Ayant envie de célébrer notre union de façon authentique, ma femme et moi avons opté pour une réception à bord d’une péniche sur le canal. Un moment magique que nous ne sommes pas prêt d’oublier !

Le canal du Midi est pour moi un endroit intimement familier. Je l’ai découvert enfant en me baladant, j’y ai navigué le jour de mon mariage, et je l’admire encore chaque semaine lors de mes sorties sportives. Unissons-nous et protégeons cet endroit formidable !

 Qu’est-ce qui vous a motivé, en tant qu'individu et avec votre entreprise Prolinair, à soutenir par du mécénat la replantation du canal du Midi ?

Les motivations qui m’ont poussées à soutenir la replantation des platanes du canal du Midi sont doubles, personnelles mais aussi professionnelles. En tant que toulousain d’origine, le canal du Midi représente pour moi un fabuleux patrimoine. C’est un site historique qui anime notre région occitane, et il est de notre intérêt et de notre devoir à tous de veiller à sa préservation. Pour ma part, je suis un grand adepte de la course à pied et j’apprécie beaucoup courir le long du canal du Midi : à la fois tout près de la ville et retiré au milieu des platanes, cet endroit offre une remarquable diversité de paysages que je souhaite sauvegarder. De plus, Prolinair est une entreprise de services dans le transport international de marchandises ; nous avons bien conscience de l’impact du transport sur l’environnement et avons à cœur de nous engager dans des programmes de conservation de la biodiversité et de préservation de la nature. Pour toutes ces raisons, nous sommes aujourd’hui très fiers de soutenir ce programme de replantation.

  Est-ce que vous communiquez autour de vous sur le danger que court le canal du Midi, ainsi que sur le projet de sauvegarde et de replantation que vous soutenez ? Comment et à qui en parlez-vous ?

 Beaucoup d’éléments me relient au canal du Midi, en particulier la course à pied, comme je viens de l’évoquer. A titre personnel, cette passion m’a amené plusieurs fois à communiquer sur ce projet de replantation et, de façon plus générale, sur tous les risques mais aussi le potentiel du canal du Midi. A Toulouse, les personnes pratiquant le running sont très souvent de grands adeptes du canal, ce qui déclenche régulièrement de grandes discussions autour de cet endroit !

A titre professionnel, nous communiquons également beaucoup dessus, surtout en interne à travers notre newsletter. Grâce à ce mécénat, je souhaite sensibiliser l’ensemble des salariés de Prolinair à la protection de l’environnement, et je les incite à partir à la découverte de ces endroits merveilleux qui nous entourent, notamment par la pratique du sport au quotidien.

 

 

LA PETITE HISTOIRE DE JEAN-LOUIS MAURI

ÉCLUSIER ITINÉRANT DEPUIS 26 ANS SUR LE CANAL DU MIDI

Être éclusier sur le canal du Midi, en quoi ça consiste aujourd’hui ?

On s’occupe essentiellement de la navigation des écluses : la mise en valeur de l’écluse, le petit entretien, le fourchage, le nettoyage de ce qui pourrait gêner pour la navigation. On fait aussi de petits dépannages quand les usagers font de mauvaises manœuvres, et on s’occupe du renseignement, des indications auprès des usagers, de la délivrance des vignettes pour la navigation… On essaye d’être polyvalents !

Parfois c’est un peu difficile, surtout quand les conditions météo ne sont pas au rendez-vous : il arrive qu'on travaille sous la neige ! Mais on vit aussi des moments sympathiques, avec de drôles de scènes. Par exemple quand une embarcation se retourne et qu’il faut repêcher un estivant tombé à l’eau, on rigole bien!

 

Une écluse sous la neige



Comment ça marche, une écluse ?

 L’écluse c’est un ascenseur pour prendre une différence de niveau. Elle peut aller de 50 centimètres à près de 2 mètres sur le canal. Le bateau entre dans le bassin par une première porte, on la referme, puis on ajuste le niveau de l’eau du bassin jusqu’à ce qu’on soit au même niveau que derrière la deuxième porte. On ouvre la porte et le navigateur peut continuer son chemin !

En dehors du travail, le canal du Midi c’est aussi un lieu où vous revenez pour des balades en bateau ou sur les berges ?

 Le canal j’y travaille et j’y vis dans une maison éclusière à l'écluse du Gua au niveau de Narbonne. J’y fais aussi des balades à vélo avec ma femme. Au final j’y suis quotidiennement même en dehors du boulot ! Quand on y rentre on a tendance à y rester.

Vous qui voyez le canal du Midi tous les jours, comment se manifeste le chancre coloré ?

 Ca c’est sûr que ca fait mal au ventre de voir l’efficacité du champignon ! Et surtout son incroyable vitesse de propagation ! Quand on a commencé à en parler il y a quelques années, on ne savait pas du tout ce que c’était, et aujourd’hui on voit des arbres qui meurent en l’affaire de 3 ans. Les platanes perdent leurs feuilles, deviennent secs et on finit par être obligé de les arracher pour limiter la propagation. Du coup on se retrouve avec des zones vides, c’est triste à voir ! Mais ici on ne désespère pas, grâce aux dons, nous pourrons replanter le canal partout où le chancre coloré a fait des dégâts !

On a tous envie de sauver ce canal, truffé de paysages magiques… Votre coin magique à vous, le plus bel endroit du canal selon vous, où est-il ?

 Sans vouloir faire de chauvisnisme, puisque ca fait partie de mon secteur, c’est quand  même la fin du canal de la Robine. Il serpente au milieu des étangs et s’ouvre sur la mer. Les 10 derniers kilomètres, ca c’est une vue qu’on ne voit pas partout sur le canal ! C’est vrai que c’est un endroit magnifique.

 

 

La fin du canal de la Robine

 

 

 

 

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